POLITERS : Les POlitiques de la TERre au Sud : entre Etat, marchés et dispositifs coutumiers http://mshsud.tv/spip.php?rubrique239 Sous la tutelle de l’IRD, du Cirad, de Supagro et de l’IAMM, le Pôle Foncier de Montpellier constitue un espace d’animation scientifique transversal sur le foncier rural dans les pays du Sud. Ses activités se structurent autour de trois principales réalisations. Au cours de journées thématiques trimestrielles, des chercheurs spécialistes du foncier croisent les perspectives disciplinaires, analytiques et géographiques relatives aux dynamiques sociales autour de l’accès et du contrôle des ressources à base foncière ; les chercheurs et praticiens qui rencontrent l’objet foncier affinent leur questionnement sur le sujet. L’organisation des journées fait un large appel à des chercheurs extérieurs, français, européens ou du Sud, dans la limite des moyens disponibles. Les journées doctorales du foncier offrent annuellement à des doctorants du Nord et du Sud (15 à 20) l’occasion de présenter leur travail à des spécialistes de plusieurs disciplines, d’échanger au cours d’une table ronde et d’assister chaque jour à une conférence plénière d’un chercheur confirmé. Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2018 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) POLITERS : Les POlitiques de la TERre au Sud : entre Etat, marchés et dispositifs coutumiers http://mshsud.tv/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon239-9ba71.jpg?1519446391 http://mshsud.tv/spip.php?rubrique239 Du bon gouvernement des terres forestières : biodiversité et politiques de conversion au Cameroun <p>Symphorien</p> Ongolo <p>Symphorien</p> Ongolo http://mshsud.tv/spip.php?article832 Thu, 08 Mar 2018 15:30:00 +0100 Conservation de la biodiversité et dispositifs fonciers au Cambodge : l’intervention de l’Etat et ses limites <p>Colas</p> Chervier <p>Philippe</p> Méral <p>Colas</p> Chervier <p>Philippe</p> Méral http://mshsud.tv/spip.php?article830 Thu, 08 Mar 2018 14:00:00 +0100 Les cultures sous bois : enjeu de sécurisation foncière pour les espaces forestiers communs dans la réserve de biosphère de Mananara Nord (Madagascar) <p>Sigrid</p> Aubert <p>Sigrid</p> Aubert http://mshsud.tv/spip.php?article831 Thu, 08 Mar 2018 11:15:00 +0100 Commons, co-ops and corporations : Indonesia's 21st century land reform <p>Tania</p> Murray Li <p>Tania</p> Murray Li In 2016 the Indonesian government announced a major program for land reform. The program has been designed, in part, by activists in Indonesia's agrarian and indigenous peoples’ movements. An important feature of the program is the division of population into distinct types, who are expected to manage land in distinctive ways according to their unique customs and capacities. There are provisions for communal land titles, which can be allocated to "customary communities" or to co-ops, which have emerged as the favoured vehicle of the President's "peoples' economy." Commons are favoured by land rights activists, and also by World Bank land experts, climate scientists, and social activists seeking alternatives to capitalist development. Corporations appear in the land reform program as benevolent partners and champions of the poor. In this talk, I examine the three "cs" fore-grounded in the reform - commons, co-ops, and corporations - and the diverse parties that have mobilized to promote them. Then I address two further "cs" obscured by the picture of egalitarian, co-operative communities, nurtured by corporations and a reform-producing state : capitalism and class differentiation among the people, and the crony-corporate cabals that reach into every layer of Indonesian society. I do not offer an evaluation of the land reform program, which has hardly begun. Rather, I am interested in considering how 21st century land reform is being thought about, and how it differs from the "land to the tiller" reforms of the 1950s. The shift I have identified in Indonesia may have resonance in other parts of the global south as well, since discourses travel along with the parties that mobilize them. If so, the talk may be good to think with beyond its immediate national terrain. In 2016 the Indonesian government announced a major program for land reform. The program has been designed, in part, by activists in Indonesia's agrarian and indigenous peoples’ movements. An important feature of the program is the division of population into distinct types, who are expected to manage land in distinctive ways according to their unique customs and capacities. There are provisions for communal land titles, which can be allocated to "customary communities" or to co-ops, which have emerged as the favoured vehicle of the President's "peoples' economy." Commons are favoured by land rights activists, and also by World Bank land experts, climate scientists, and social activists seeking alternatives to capitalist development. Corporations appear in the land reform program as benevolent partners and champions of the poor. In this talk, I examine the three "cs" fore-grounded in the reform - commons, co-ops, and corporations - and the diverse parties that have mobilized to promote them. Then I address two further "cs" obscured by the picture of egalitarian, co-operative communities, nurtured by corporations and a reform-producing state : capitalism and class differentiation among the people, and the crony-corporate cabals that reach into every layer of Indonesian society. I do not offer an evaluation of the land reform program, which has hardly begun. Rather, I am interested in considering how 21st century land reform is being thought about, and how it differs from the "land to the tiller" reforms of the 1950s. The shift I have identified in Indonesia may have resonance in other parts of the global south as well, since discourses travel along with the parties that mobilize them. If so, the talk may be good to think with beyond its immediate national terrain. http://mshsud.tv/spip.php?article828 Mon, 02 Jul 2018 17:22:47 +0200 Du ‘scandale géologique’ congolais aux ‘éléphants blancs’ : Mobutu et l’exploitation des ressources naturelles (1965-1974) <p>Walter</p> Bruyères-Ostells <p>Walter</p> Bruyères-Ostells La mise en place d’un régime autoritaire sous la conduite de Joseph Mobutu à partir de 1965 s’inscrit dans un contexte de lutte pour se dégager des tutelles coloniales. Mobutu souhaite neutraliser les leviers financiers pour des opposants potentiels que constituent les ressources naturelles dans des régions périphériques hors de contrôle réel de l’autorité centrale. Parmi les mesures prises, l’interdiction des autres partis permet de réduire la menace communiste en coopération avec des alliés du bloc occidental. Supplantant la Belgique et la France, les Etats-Unis appuient le nouveau pouvoir. Ainsi, la politique de Joseph Mobutu vise à éteindre les politiques centrifuges des acteurs privés, notamment les grandes compagnies minières liées à des capitaux européens, qui détiennent la plupart des mines du pays. On étudiera la tension entre cet effort de « nationalisation » et une politique patrimonialiste et de prébendes qui ne renforce pas réellement l’Etat central. Dans une seconde partie, on établira une relation de cause à effet entre cette politique patrimonialiste et l’échec économique et politique dans les provinces périphériques. Après avoir fait tomber les sociétés minières belges au capitalisme paternaliste - adossé à l’Eglise pour le contrôle des populations locales - Mobutu ne développe pas de partenariat fiable ni au niveau local, ni par les investisseurs étrangers. A partir de 1973, la crise économique vient à nouveau fragiliser l’Etat congolais, très dépendant de ses exportations, et les provinces périphériques concernées par l’économie minière redeviennent des espaces investis par les oppositions et des théâtres de violences politiques (à commencer le Katanga devenu Shaba). La mise en place d’un régime autoritaire sous la conduite de Joseph Mobutu à partir de 1965 s’inscrit dans un contexte de lutte pour se dégager des tutelles coloniales. Mobutu souhaite neutraliser les leviers financiers pour des opposants potentiels que constituent les ressources naturelles dans des régions périphériques hors de contrôle réel de l’autorité centrale. Parmi les mesures prises, l’interdiction des autres partis permet de réduire la menace communiste en coopération avec des alliés du bloc occidental. Supplantant la Belgique et la France, les Etats-Unis appuient le nouveau pouvoir. Ainsi, la politique de Joseph Mobutu vise à éteindre les politiques centrifuges des acteurs privés, notamment les grandes compagnies minières liées à des capitaux européens, qui détiennent la plupart des mines du pays. On étudiera la tension entre cet effort de « nationalisation » et une politique patrimonialiste et de prébendes qui ne renforce pas réellement l’Etat central. Dans une seconde partie, on établira une relation de cause à effet entre cette politique patrimonialiste et l’échec économique et politique dans les provinces périphériques. Après avoir fait tomber les sociétés minières belges au capitalisme paternaliste - adossé à l’Eglise pour le contrôle des populations locales - Mobutu ne développe pas de partenariat fiable ni au niveau local, ni par les investisseurs étrangers. A partir de 1973, la crise économique vient à nouveau fragiliser l’Etat congolais, très dépendant de ses exportations, et les provinces périphériques concernées par l’économie minière redeviennent des espaces investis par les oppositions et des théâtres de violences politiques (à commencer le Katanga devenu Shaba). http://mshsud.tv/spip.php?article817 Fri, 24 Nov 2017 15:00:00 +0100 Séquence conflit-post-conflit, décolonisation négociée et émergence politique tardive de la question minière en Nouvelle-Calédonie <p>Pierre-Yves</p> Le meur <p>Jean-Michel</p> Sourisseau <p>Pierre-Yves</p> Le meur <p>Jean-Michel</p> Sourisseau L’histoire longue de la Nouvelle-Calédonie est celle d’une colonisation peuplement, d’une ségrégation raciale et spatiale et d’une place structurante du secteur minier dans l’économie politique du pays. Son histoire récente est marquée par une montée de la revendication indépendantiste, une période violente (à la fois guerre civile et lutte de décolonisation) connue sous le nom euphémisé d’« Evénements » et une séquence post-conflit marqué par les deux accords politiques de Matignon-Oudinot (1988) et Nouméa (1998). Paradoxalement, la question minière ne va émerger comme enjeu politique de négociation entre indépendantistes, loyalistes et Etat que dans les années 1990, débouchant en particulier sur l’accord de Bercy, centrée sur la mine et qui constitue un préalable voulu par les indépendantistes à l’accord de « décolonisation négociée » de Nouméa. Parallèlement à ces débats à l’échelon du territoire, des conflits plus localisés donnent lieu à des arrangements et des accords écrits signés entre populations locales/autochtones et compagnies minières, parfois avec les pouvoirs publics, relevant de la catégorie globale des « Impact and Benefit Agreement » (IBA). L’ensemble de ses dispositifs multi-localisés et multi-niveaux peut être interprété dans une perspective post-conflit(s) et l’analyse proposée mettra l’accent sur deux aspects clés : (1) les articulations ou désarticulations entre dispositifs (séquences conflits/négociations/accords) et leurs effets sur la production des politiques publiques et (2) les modalités de construction de la ressource minière (comme levier économique d’émancipation politique, comme patrimoine, comme enjeu de souveraineté autochtone, etc.) via différents récits, argumentaires et discours de justification. L’histoire longue de la Nouvelle-Calédonie est celle d’une colonisation peuplement, d’une ségrégation raciale et spatiale et d’une place structurante du secteur minier dans l’économie politique du pays. Son histoire récente est marquée par une montée de la revendication indépendantiste, une période violente (à la fois guerre civile et lutte de décolonisation) connue sous le nom euphémisé d’« Evénements » et une séquence post-conflit marqué par les deux accords politiques de Matignon-Oudinot (1988) et Nouméa (1998). Paradoxalement, la question minière ne va émerger comme enjeu politique de négociation entre indépendantistes, loyalistes et Etat que dans les années 1990, débouchant en particulier sur l’accord de Bercy, centrée sur la mine et qui constitue un préalable voulu par les indépendantistes à l’accord de « décolonisation négociée » de Nouméa. Parallèlement à ces débats à l’échelon du territoire, des conflits plus localisés donnent lieu à des arrangements et des accords écrits signés entre populations locales/autochtones et compagnies minières, parfois avec les pouvoirs publics, relevant de la catégorie globale des « Impact and Benefit Agreement » (IBA). L’ensemble de ses dispositifs multi-localisés et multi-niveaux peut être interprété dans une perspective post-conflit(s) et l’analyse proposée mettra l’accent sur deux aspects clés : (1) les articulations ou désarticulations entre dispositifs (séquences conflits/négociations/accords) et leurs effets sur la production des politiques publiques et (2) les modalités de construction de la ressource minière (comme levier économique d’émancipation politique, comme patrimoine, comme enjeu de souveraineté autochtone, etc.) via différents récits, argumentaires et discours de justification. http://mshsud.tv/spip.php?article815 Fri, 24 Nov 2017 14:00:00 +0100 Sortie(s) de guerre et conservation de la nature : trajectoire d’un parc national au Mozambique <p>Rozenn</p> Nakanabo Diallo <p>Rozenn</p> Nakanabo Diallo Au Mozambique, le parc national de Gorongosa concentre depuis l’époque coloniale une grande part des politiques de conservation : perle du tourisme dans les années 1940-1960, il fait l’objet depuis 2008 d’un projet de restauration financé par une fondation philanthropique américaine. Or, le parc cristallise depuis toujours les conflits dans le pays : c’est à proximité que le Frelimo fonde sa base pour mener la lutte de libération nationale contre les Portugais, c’est dans cette même région que la Renamo se cache pendant la guerre civile qui l’oppose au Frelimo de la fin des années 1970 à la signature des Accords de paix en 1992. N’ayant jamais été totalement désarmée, la Renamo reste active autour de Gorongosa, et le Frelimo au pouvoir considère toujours la région comme étant « en guerre ». Les années de la lutte armée ont été pour le Frelimo synonymes d'une double perte de contrôle : partisan (avec une montée en puissance de la Renamo) et territorial. Dans un contexte post-conflit, l'enjeu est double pour le parti-Etat : (r)établir une présence et une légitimité sur l'ensemble du territoire ; contrer la Renamo, parti politique assez faible mais qui demeure très populaire dans la région de Gorongosa. La situation post-conflit toute relative se conjugue avec l'importance de la rhétorique néolibérale dans le secteur de la conservation, selon laquelle les parcs nationaux doivent être gérés selon les canaux du marché, et donc de façon relativement autonome de l'Etat. C'est ce que propose (et tente de mettre progressivement en œuvre) la Fondation Carr, qui pilote le parc national dans le cadre d’un partenariat public-privé. Cette communication propose ainsi d’étudier, sur le temps long, les reconfigurations de l’action publique de la conservation, à l’aune du parc national de Gorongosa. Il s’agira notamment de démêler ce qui relève de (re)configurations liées au conflit et ce qui renvoie à l'insertion dans le capitalisme globalisé. Au Mozambique, le parc national de Gorongosa concentre depuis l’époque coloniale une grande part des politiques de conservation : perle du tourisme dans les années 1940-1960, il fait l’objet depuis 2008 d’un projet de restauration financé par une fondation philanthropique américaine. Or, le parc cristallise depuis toujours les conflits dans le pays : c’est à proximité que le Frelimo fonde sa base pour mener la lutte de libération nationale contre les Portugais, c’est dans cette même région que la Renamo se cache pendant la guerre civile qui l’oppose au Frelimo de la fin des années 1970 à la signature des Accords de paix en 1992. N’ayant jamais été totalement désarmée, la Renamo reste active autour de Gorongosa, et le Frelimo au pouvoir considère toujours la région comme étant « en guerre ». Les années de la lutte armée ont été pour le Frelimo synonymes d'une double perte de contrôle : partisan (avec une montée en puissance de la Renamo) et territorial. Dans un contexte post-conflit, l'enjeu est double pour le parti-Etat : (r)établir une présence et une légitimité sur l'ensemble du territoire ; contrer la Renamo, parti politique assez faible mais qui demeure très populaire dans la région de Gorongosa. La situation post-conflit toute relative se conjugue avec l'importance de la rhétorique néolibérale dans le secteur de la conservation, selon laquelle les parcs nationaux doivent être gérés selon les canaux du marché, et donc de façon relativement autonome de l'Etat. C'est ce que propose (et tente de mettre progressivement en œuvre) la Fondation Carr, qui pilote le parc national dans le cadre d’un partenariat public-privé. Cette communication propose ainsi d’étudier, sur le temps long, les reconfigurations de l’action publique de la conservation, à l’aune du parc national de Gorongosa. Il s’agira notamment de démêler ce qui relève de (re)configurations liées au conflit et ce qui renvoie à l'insertion dans le capitalisme globalisé. http://mshsud.tv/spip.php?article811 Fri, 24 Nov 2017 10:30:00 +0100 La question foncière en sortie de conflit en Côte d'Ivoire. Reconfigurations et hybridations de l'action publique et des normes néo-coutumières autour des transferts foncier <p>Jean-Pierre</p> Chauveau <p>Jean-Pierre</p> Chauveau La question foncière est invoquée comme un ingrédient central du conflit militaro-politique ivoirien (2002-2011). En termes de politique des ressources, l’enjeu principal de l’après conflit en Côte d’Ivoire est la relance de la loi sur le foncier rural de 1998 qui ambitionne de légaliser tous les droits fonciers existants, et notamment les droits dits coutumiers qui concernent au moins 90% des terres agricoles. Les autorités ivoiriennes et les institutions internationales qui les appuient en attendent, conformément au référentiel néo-libéral du « post conflit », la sécurisation généralisée des droits par le titre, la pacification des conflits fonciers et des conflits intercommunautaires qui leur sont associés, la promotion des entreprises agricoles performantes et l’implantation de grands investisseurs internationaux. En contraste avec ces attentes, les recherches récentes montrent que le référentiel néo-libéral du post conflit est une rationalisation « hors sol » de la « bonne gouvernance » foncière, qui ignore, d’une part, les effets de reconfiguration d’acteurs propres aux contextes de pacification et de sortie de conflit (Grajales), et qui méconnaît, d’autre part, la nature et la consistance du régime foncier pluraliste et hybride qui prévaut depuis la période coloniale dans la réalité quotidienne des sociétés agraires et des pratiques de l’« État local ». Ce décalage vaut particulièrement en ce qui concerne la régulation des transferts coutumiers ou des accaparements de droits entre « propriétaires coutumiers autochtones » et migrants – qui ont été au cœur des violences foncières avant le conflit, durant le conflit et qui continuent de l’être dans l’après conflit. En se démarquant des présupposés téléologiques, normatifs et stato-contrés du référentiel néolibéral tant dans le domaine du peace building que dans le domaine de la sécurisation foncière, ma contribution vise à combiner, d’une part, un paradigme de recherche continuiste « no peace, no war, no post conflict » dans le domaine de l’étude des guerres civiles et, d’autre part, une approche réaliste des régimes fonciers et de la gouvernementalité rurale en termes de pluralisme normatif et institutionnel. Le principal résultat est de montrer que les reconfigurations d’acteurs ne sont pas seulement le fait des acteurs qui occupent les sphères dominantes du pouvoir issu des violences de la guerre civile et de l’après conflit. Ces reconfigurations opèrent également sous influence d’un ordre néo-coutumier qui possède une résilience propre. Il en résulte que l’on observe, en dépit des éruptions de violence qui accompagnent les recompositions de la politique des ressources foncières dans l’après conflit, le même processus d’hybridation de l’action publique et des normes néo-coutumières qui a historiquement caractérisé la gouvernementalité rurale en Côte d’Ivoire. La question foncière est invoquée comme un ingrédient central du conflit militaro-politique ivoirien (2002-2011). En termes de politique des ressources, l’enjeu principal de l’après conflit en Côte d’Ivoire est la relance de la loi sur le foncier rural de 1998 qui ambitionne de légaliser tous les droits fonciers existants, et notamment les droits dits coutumiers qui concernent au moins 90% des terres agricoles. Les autorités ivoiriennes et les institutions internationales qui les appuient en attendent, conformément au référentiel néo-libéral du « post conflit », la sécurisation généralisée des droits par le titre, la pacification des conflits fonciers et des conflits intercommunautaires qui leur sont associés, la promotion des entreprises agricoles performantes et l’implantation de grands investisseurs internationaux. En contraste avec ces attentes, les recherches récentes montrent que le référentiel néo-libéral du post conflit est une rationalisation « hors sol » de la « bonne gouvernance » foncière, qui ignore, d’une part, les effets de reconfiguration d’acteurs propres aux contextes de pacification et de sortie de conflit (Grajales), et qui méconnaît, d’autre part, la nature et la consistance du régime foncier pluraliste et hybride qui prévaut depuis la période coloniale dans la réalité quotidienne des sociétés agraires et des pratiques de l’« État local ». Ce décalage vaut particulièrement en ce qui concerne la régulation des transferts coutumiers ou des accaparements de droits entre « propriétaires coutumiers autochtones » et migrants – qui ont été au cœur des violences foncières avant le conflit, durant le conflit et qui continuent de l’être dans l’après conflit. En se démarquant des présupposés téléologiques, normatifs et stato-contrés du référentiel néolibéral tant dans le domaine du peace building que dans le domaine de la sécurisation foncière, ma contribution vise à combiner, d’une part, un paradigme de recherche continuiste « no peace, no war, no post conflict » dans le domaine de l’étude des guerres civiles et, d’autre part, une approche réaliste des régimes fonciers et de la gouvernementalité rurale en termes de pluralisme normatif et institutionnel. Le principal résultat est de montrer que les reconfigurations d’acteurs ne sont pas seulement le fait des acteurs qui occupent les sphères dominantes du pouvoir issu des violences de la guerre civile et de l’après conflit. Ces reconfigurations opèrent également sous influence d’un ordre néo-coutumier qui possède une résilience propre. Il en résulte que l’on observe, en dépit des éruptions de violence qui accompagnent les recompositions de la politique des ressources foncières dans l’après conflit, le même processus d’hybridation de l’action publique et des normes néo-coutumières qui a historiquement caractérisé la gouvernementalité rurale en Côte d’Ivoire. http://mshsud.tv/spip.php?article809 Fri, 24 Nov 2017 09:15:00 +0100 Introduction <p>Pierre-Yves</p> Le meur <p>Cécile</p> Jouhanneau <p>Pierre-Yves</p> Le meur <p>Cécile</p> Jouhanneau http://mshsud.tv/spip.php?article807 Fri, 24 Nov 2017 09:00:00 +0100 Sous le foncier la mine : Terre, territoires et valeur des lieux dans le Pacifique Sud <p>Pierre-Yves</p> Le meur <p>Pierre-Yves</p> Le meur http://mshsud.tv/spip.php?article746 Thu, 30 Mar 2017 15:30:00 +0200 Les villes minières en Afrique de l’Ouest après la fermeture des sites Infrastructure, environnement et participation politique <p>Johannes</p> Knierzinger <p>Johannes</p> Knierzinger http://mshsud.tv/spip.php?article745 Thu, 30 Mar 2017 13:50:00 +0200 Enjeu minier et construction nationale en Nouvelle-Calédonie <p>Jean-Michel</p> Sourisseau <p>Jean-Michel</p> Sourisseau Co-auteurs : Jean-Michel Sourisseau (CIRAD, UMR ART-DEV), Séverine Bouard (Institut, Agronomique néo-Calédonien), Séverine Blaise (Université de la Nouvelle- Calédonie), Vincent Géronimi (Université de Versailles Saint-Quentin). Co-auteurs : Jean-Michel Sourisseau (CIRAD, UMR ART-DEV), Séverine Bouard (Institut, Agronomique néo-Calédonien), Séverine Blaise (Université de la Nouvelle- Calédonie), Vincent Géronimi (Université de Versailles Saint-Quentin). http://mshsud.tv/spip.php?article744 Thu, 30 Mar 2017 11:00:00 +0200 De la « matière » aux « ressources » Trajectoires d’Etats rentiers en Amérique latine Proposition de recherche « Transitions » <p>Geert</p> Van Vliet <p>Geert</p> Van Vliet http://mshsud.tv/spip.php?article743 Thu, 30 Mar 2017 09:00:00 +0200 Le titre foncier en Afrique de l’Est : superposition de normes, imbrication de valeurs et stratégies d’acteurs <p>Claire</p> Médard <p>Claire</p> Médard http://mshsud.tv/spip.php?article736 Thu, 19 Oct 2017 09:00:00 +0200 Enjeux scientifiques, techniques et politiques autour de la construction des indicateurs de gouvernance foncière <p>Ward</p> Anseeuw <p>Ward</p> Anseeuw http://mshsud.tv/spip.php?article735 Wed, 18 Oct 2017 09:00:00 +0200 Nascent irrigation dynamics in central Mozambique : markets, land and water use Philip Woodhouse Philip Woodhouse http://mshsud.tv/spip.php?article734 Tue, 17 Oct 2017 09:00:00 +0200 Marchés fonciers et développement <p>Jean-Philippe</p> Colin <p>Emmanuelle</p> Bouquet <p>Jean-Philippe</p> Colin <p>Emmanuelle</p> Bouquet http://mshsud.tv/spip.php?article732 Mon, 16 Oct 2017 09:00:00 +0200 L’entrée par les « communs » est-elle toujours une bonne entrée analytique ? Gouvernance des territoires et construction des coordinations entre agriculteurs, éleveurs et pêcheurs sur la rive camerounaise du lac Tchad <p>Philippe</p> Lavigne Delville <p>Charline</p> Rangé <p>Philippe</p> Lavigne Delville <p>Charline</p> Rangé http://mshsud.tv/spip.php?article717 Tue, 20 Jun 2017 15:30:00 +0200 Histoire et actualité des communs au Maghreb <p>Omar</p> Bessaoud <p>Omar</p> Bessaoud http://mshsud.tv/spip.php?article716 Tue, 20 Jun 2017 14:00:00 +0200 Les biens communaux en Europe aux XVIII° et XIX°s : des réalités diverses <p>Nadine</p> Vivier <p>Nadine</p> Vivier http://mshsud.tv/spip.php?article715 Tue, 20 Jun 2017 11:00:00 +0200 Gestion collective et solidaire. Une troisième voie entre l’Etat et le marché : rencontres avec Elinor Ostrom <p>François</p> Bousquet <p>Martine</p> Antona <p>François</p> Bousquet <p>Martine</p> Antona http://mshsud.tv/spip.php?article692 Tue, 20 Jun 2017 09:30:00 +0200