Saison 9 http://mshsud.tv/spip.php?rubrique253 Rendez-vous incontournable des amoureux des sciences et de la connaissance, l’Agora des savoirs lance début octobre sa 9e saison et fait sa révolution : ce ne sont pas moins de quatre programmations qui vont se succéder, d’octobre à mai, et que vous aurez le plaisir de découvrir tous les deux mois ! Antoine Bourlier antoine.bourlier@mshsud.org no SPIP : 3.2.1 [23954] http://www.rssboard.org/rss-specification fr © Maison des Sciences de l'Homme de Montpellier 2006-2018 antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) antoine.bourlier@mshsud.org (Antoine Bourlier) Saison 9 http://mshsud.tv/local/cache-vignettes/L600xH600/rubon253-df1e8.jpg?1519308282 http://mshsud.tv/spip.php?rubrique253 La révolution culturelle nazie <p>Johann</p> Chapoutot <p>Johann</p> Chapoutot Pour les nazis, la « culture » était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...). Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une « révolution culturelle », retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer. En approfondissant des points particuliers, comme la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIe Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain, Johann Chapoutot montrera comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis. Cette conférence accompagne les expositions « Un dictateur en images. Photographies de Heinrich Hoffmann » et « Regards sur les ghettos. Photographies de propagande allemande et des photographes juifs des ghettos d'Europe orientale (octobre 1939 – août 1944) » qui se tiendront au Pavillon Populaire du 27 juin au 16 septembre 2018. Commissariat : Alain Sayag et Sophie Nagiscarde. Pour les nazis, la « culture » était à l'origine la simple transcription de la nature : on révérait les arbres et les cours d'eau, on s'accouplait, se nourrissait et se battait comme tous les autres animaux, on défendait sa horde et elle seule. La dénaturation est intervenue quand les Sémites se sont installés en Grèce, quand l'évangélisation a introduit le judéo-christianisme, puis quand la Révolution française a parachevé ces constructions idéologiques absurdes (égalité, compassion, abstraction du droit...). Pour sauver la race nordique-germanique, il fallait opérer une « révolution culturelle », retrouver le mode d'être des Anciens et faire à nouveau coïncider culture et nature. C'est en refondant ainsi le droit et la morale que l'homme germanique a cru pouvoir agir conformément à ce que commandait sa survie. Grâce à la réécriture du droit et de la morale, il devenait légal et moral de frapper et de tuer. En approfondissant des points particuliers, comme la lecture du stoïcisme et de Platon sous le IIIe Reich, l'usage de Kant et de son impératif catégorique ou la réception en Allemagne du droit romain, Johann Chapoutot montrera comment s'est opérée la réécriture de l'histoire de l'Occident et par quels canaux de telles idées sont parvenues aux acteurs des crimes nazis. Cette conférence accompagne les expositions « Un dictateur en images. Photographies de Heinrich Hoffmann » et « Regards sur les ghettos. Photographies de propagande allemande et des photographes juifs des ghettos d'Europe orientale (octobre 1939 – août 1944) » qui se tiendront au Pavillon Populaire du 27 juin au 16 septembre 2018. Commissariat : Alain Sayag et Sophie Nagiscarde. http://mshsud.tv/spip.php?article827 Wed, 16 May 2018 20:00:00 +0200 L'Harmonie secrète de l'Univers <p>Jean-Philippe</p> Uzan <p>Jean-Philippe</p> Uzan Une balade cosmique entre sciences et musique pour découvrir la tradition millénaire qui relie les mathématiques, l'astronomie et la musique, ces disciplines qui n'en formaient qu'une de l'Antiquité à la Renaissance. Pythagore, Oresme, Kepler, Newton... Les architectes de la pensée contemporaine ont tous étudié les mathématiques, l'astronomie et la musique, ce qui nous invite à réfléchir sur le découpage disciplinaire de la connaissance et de son enseignement. Tout au long de l'histoire de l'humanité, ces disciplines se sont influencées et continuent à le faire aujourd'hui où l'on écoute autant que l'on observe l'Univers à travers l'étude des pulsars, des ondes gravitationnelles, des crépitements quantiques, des vibrations des étoiles... jusqu'au cri de l'Univers primordial ! Une balade cosmique entre sciences et musique pour découvrir la tradition millénaire qui relie les mathématiques, l'astronomie et la musique, ces disciplines qui n'en formaient qu'une de l'Antiquité à la Renaissance. Pythagore, Oresme, Kepler, Newton... Les architectes de la pensée contemporaine ont tous étudié les mathématiques, l'astronomie et la musique, ce qui nous invite à réfléchir sur le découpage disciplinaire de la connaissance et de son enseignement. Tout au long de l'histoire de l'humanité, ces disciplines se sont influencées et continuent à le faire aujourd'hui où l'on écoute autant que l'on observe l'Univers à travers l'étude des pulsars, des ondes gravitationnelles, des crépitements quantiques, des vibrations des étoiles... jusqu'au cri de l'Univers primordial ! http://mshsud.tv/spip.php?article826 Wed, 02 May 2018 20:00:00 +0200 Généraux, gangsters et jihadistes : histoire de la contre-révolution arabe <p>Jean-Pierre</p> Filiu <p>Jean-Pierre</p> Filiu On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l'Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe. Jean-Pierre Filiu répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l'ombre, désignées sous le terme d'« État profond ». Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l'accaparement des ressources nationales jusqu'au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières. Les « guerres globales contre la terreur » de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s'en nourrissent tant et si bien, aujourd'hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer. Un paradoxe très lourd de conséquences pour la sécurité du monde. Car les sociétés arabes ne connaissent pas seulement des guerres meurtrières en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen. Elles vivent aussi à l'heure d'une véritable contre-révolution, dont Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d'ensemble en mobilisant son expérience intime d'une réalité largement méconnue. Il nous explique comment la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s'allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique. On ne compte plus les livres consacrés aux différentes manifestations de l'Islam politique. Bien plus rares sont les études dédiées aux appareils de sécurité et de répression, dont le poids est pourtant exorbitant dans le monde arabe. Jean-Pierre Filiu répond à ce besoin de compréhension de telles structures de l'ombre, désignées sous le terme d'« État profond ». Il en éclaire le processus de construction historique, à la faveur du détournement des indépendances arabes par des cliques putschistes. Il en décrit les formidables ressorts économiques, depuis l'accaparement des ressources nationales jusqu'au recyclage de rentes stratégiques, notamment pétrolières. Les « guerres globales contre la terreur » de ce début de siècle ont représenté une aubaine multiforme pour ces différents régimes confrontés aux revendications démocratiques de leurs sociétés. Ils s'en nourrissent tant et si bien, aujourd'hui comme hier, que la menace jihadiste, loin de décliner, ne fait que proliférer. Un paradoxe très lourd de conséquences pour la sécurité du monde. Car les sociétés arabes ne connaissent pas seulement des guerres meurtrières en Syrie, en Irak, en Libye ou au Yémen. Elles vivent aussi à l'heure d'une véritable contre-révolution, dont Jean-Pierre Filiu brosse la première fresque d'ensemble en mobilisant son expérience intime d'une réalité largement méconnue. Il nous explique comment la transition tunisienne demeure une exception dans une région où généraux, gangsters et jihadistes s'allient volontiers pour enterrer toute espérance démocratique. http://mshsud.tv/spip.php?article825 Wed, 11 Apr 2018 20:00:00 +0200 Fictions à la chaîne : littératures sérielles et culture médiatique <p>Matthieu</p> Letourneux <p>Matthieu</p> Letourneux De Fantômas à James Bond, du récit policier à la science-fiction, d’Harlequin à la Série noire, la culture populaire moderne obéit à une dynamique sérielle : la production et la réception de l’œuvre sont ressaisies dans un ensemble plus vaste de textes qui en détermine la signification. Profondément liées à la culture médiatique et aux logiques de consommation culturelle, ces formes et ces pratiques fictionnelles sont au cœur de notre modernité, dont elles constituent l’une des expressions principales. C’est cette « poétique de la sérialité » que Matthieu Letourneux étudie, suivant des axes théorique, historique, médiatique et culturel. Insistant sur les spécificités de la communication sérielle et leurs conséquences en termes de choix littéraires, de forme et de signification des œuvres, il montre aussi le rôle des pratiques éditoriales et médiatiques depuis le XIXe siècle dans la littérature de masse et leur retentissement sur l’imaginaire fictionnel contemporain. De Fantômas à James Bond, du récit policier à la science-fiction, d’Harlequin à la Série noire, la culture populaire moderne obéit à une dynamique sérielle : la production et la réception de l’œuvre sont ressaisies dans un ensemble plus vaste de textes qui en détermine la signification. Profondément liées à la culture médiatique et aux logiques de consommation culturelle, ces formes et ces pratiques fictionnelles sont au cœur de notre modernité, dont elles constituent l’une des expressions principales. C’est cette « poétique de la sérialité » que Matthieu Letourneux étudie, suivant des axes théorique, historique, médiatique et culturel. Insistant sur les spécificités de la communication sérielle et leurs conséquences en termes de choix littéraires, de forme et de signification des œuvres, il montre aussi le rôle des pratiques éditoriales et médiatiques depuis le XIXe siècle dans la littérature de masse et leur retentissement sur l’imaginaire fictionnel contemporain. http://mshsud.tv/spip.php?article824 Wed, 04 Apr 2018 20:00:00 +0200 Cocktail toxique. Comment les perturbateurs endocriniens empoisonnent notre cerveau ? <p>Barbara</p> Demeneix <p>Barbara</p> Demeneix Tous les jours, notre organisme absorbe et emmagasine une quantité croissante de polluants chimiques provenant de notre environnement. Ces produits toxiques ont des conséquences néfastes sur notre cerveau et sur celui de nos enfants dès leur conception. Pesticides, plastifiants, désinfectants, retardateurs de flamme, agents tensio-actifs, filtres UV : ces polluants omniprésents contribuent non seulement à la multiplication alarmante des troubles neurologiques et des difficultés d'apprentissage, mais ils pourraient bien, dans un futur plus ou moins proche, être à l'origine d'une baisse globale des performances cognitives chez l'être humain – une première dans l'histoire de l'humanité. Quelles mesures concrètes prendre, pour aujourd'hui et pour demain, afin que nous tous, adultes, enfants, petits-enfants, nous puissions rester intelligents et en bonne santé ? Tous les jours, notre organisme absorbe et emmagasine une quantité croissante de polluants chimiques provenant de notre environnement. Ces produits toxiques ont des conséquences néfastes sur notre cerveau et sur celui de nos enfants dès leur conception. Pesticides, plastifiants, désinfectants, retardateurs de flamme, agents tensio-actifs, filtres UV : ces polluants omniprésents contribuent non seulement à la multiplication alarmante des troubles neurologiques et des difficultés d'apprentissage, mais ils pourraient bien, dans un futur plus ou moins proche, être à l'origine d'une baisse globale des performances cognitives chez l'être humain – une première dans l'histoire de l'humanité. Quelles mesures concrètes prendre, pour aujourd'hui et pour demain, afin que nous tous, adultes, enfants, petits-enfants, nous puissions rester intelligents et en bonne santé ? http://mshsud.tv/spip.php?article823 Wed, 28 Mar 2018 20:00:00 +0200 Carmen, pour changer : variations sur une nouvelle de Prosper Merimée <p>Sophie</p> Rabau <p>Sophie</p> Rabau Sous le couteau de Don José, Carmen meurt. Elle est morte des centaines, des milliers, des millions de fois, autant de fois qu'il y eût de lecteurs pour poser leurs yeux sur l'œuvre de Mérimée. Emporté par sa passion, comme ensorcelé par la vénéneuse gitane, Don José n'avait guère de choix. Il fallait la tuer, ne serait-ce que pour obéir à l'injonction tragique. Et ainsi magnifier, sinon fonder l'un des mythes les plus vivaces de notre modernité, celui de la femme fatale. Il fallait donc que Carmen meure afin que naisse le mythe. Avec une vitalité débordante, Sophie Rabau se refuse à la mort de Carmen. Elle entreprend de relire la nouvelle pour lui appliquer avec méthode le principe de la variante. Varier Carmen, c'est aller aux tréfonds du texte y chercher des flexions, des infléchissements suggérés dans l'œuvre originale et laissés pourtant inexploités. Sophie Rabau, avec l'humour qu'on lui connaît, entreprend donc de sauver Carmen dans un exercice de lirécriture enthousiasmant grâce auquel l'héroïne tragique devient une femme vivante, et bien vivante, et qui mérite de le rester. Ce sont alors des centaines de Carmens déviées qui dansent, chantent aiment et rient, insolentes et toujours sauvées : superbement vivantes. Alors pourquoi fallait-il la tuer ? La figure de la femme fatale se trouve ici dynamitée, et, le mythe mis à nu, on en mesure en fin de compte toute la bêtise, et peut-être aussi le sordide : une femme qui vit serait une souffrance pour l'homme qui aime ? Une femme n'existe que par l'homme qui l'aime ? Carmen déviée prouve que non. Sous le couteau de Don José, Carmen meurt. Elle est morte des centaines, des milliers, des millions de fois, autant de fois qu'il y eût de lecteurs pour poser leurs yeux sur l'œuvre de Mérimée. Emporté par sa passion, comme ensorcelé par la vénéneuse gitane, Don José n'avait guère de choix. Il fallait la tuer, ne serait-ce que pour obéir à l'injonction tragique. Et ainsi magnifier, sinon fonder l'un des mythes les plus vivaces de notre modernité, celui de la femme fatale. Il fallait donc que Carmen meure afin que naisse le mythe. Avec une vitalité débordante, Sophie Rabau se refuse à la mort de Carmen. Elle entreprend de relire la nouvelle pour lui appliquer avec méthode le principe de la variante. Varier Carmen, c'est aller aux tréfonds du texte y chercher des flexions, des infléchissements suggérés dans l'œuvre originale et laissés pourtant inexploités. Sophie Rabau, avec l'humour qu'on lui connaît, entreprend donc de sauver Carmen dans un exercice de lirécriture enthousiasmant grâce auquel l'héroïne tragique devient une femme vivante, et bien vivante, et qui mérite de le rester. Ce sont alors des centaines de Carmens déviées qui dansent, chantent aiment et rient, insolentes et toujours sauvées : superbement vivantes. Alors pourquoi fallait-il la tuer ? La figure de la femme fatale se trouve ici dynamitée, et, le mythe mis à nu, on en mesure en fin de compte toute la bêtise, et peut-être aussi le sordide : une femme qui vit serait une souffrance pour l'homme qui aime ? Une femme n'existe que par l'homme qui l'aime ? Carmen déviée prouve que non. http://mshsud.tv/spip.php?article822 Wed, 21 Mar 2018 20:00:00 +0100 Ma mémoire et les autres <p>Francis</p> Eustache <p>Francis</p> Eustache De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque la mémoire ? Longtemps, pour les scientifiques ou les philosophes, il s'agissait de la mémoire individuelle. À l'inverse, les historiens et les sociologues appréhendaient la mémoire collective. Aujourd'hui, ce clivage est dépassé : l'homme est (re)devenu un être social, complexe. Il n'est plus possible d'étudier la mémoire sans prendre en compte son évolution, ses pathologies, à petite et à grande échelle. Dans notre monde hyperconnecté, où des « événements-monde » bouleversent les devenirs individuels, une réflexion pluridisciplinaire s'impose. Les neurosciences et la médecine croisent ici la philosophie, la science informatique et l'histoire, pour mettre en lumière toute la complexité de nos mémoires – individuelle, collective et partagée. Conférence filmée dans le cadre de la semaine du cerveau. De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque la mémoire ? Longtemps, pour les scientifiques ou les philosophes, il s'agissait de la mémoire individuelle. À l'inverse, les historiens et les sociologues appréhendaient la mémoire collective. Aujourd'hui, ce clivage est dépassé : l'homme est (re)devenu un être social, complexe. Il n'est plus possible d'étudier la mémoire sans prendre en compte son évolution, ses pathologies, à petite et à grande échelle. Dans notre monde hyperconnecté, où des « événements-monde » bouleversent les devenirs individuels, une réflexion pluridisciplinaire s'impose. Les neurosciences et la médecine croisent ici la philosophie, la science informatique et l'histoire, pour mettre en lumière toute la complexité de nos mémoires – individuelle, collective et partagée. Conférence filmée dans le cadre de la semaine du cerveau. http://mshsud.tv/spip.php?article821 Wed, 14 Mar 2018 20:30:00 +0100 Xénobiologie, xénovie : astrophysique, chimie, biologie <p>Marie-Christine</p> Maurel <p>Michel</p> Cassé <p>Marie-Christine</p> Maurel <p>Michel</p> Cassé Quand un astrophysicien rencontre une spécialiste de la biologie de synthèse, ils se racontent les origines de l'Univers et de la vie. La « xénobiologie » est l'étude, toute récente, des formes de vie créées par la biologie de synthèse. Car des molécules étranges sortent aujourd'hui des laboratoires – ADN artificiels, acides aminés transmutés – dont émergeront peut-être des créatures inédites, comme cela s'est produit il y a 3 milliards d'années sur notre planète. Les scientifiques rejouent désormais le scénario de l'histoire de la vie, et toutes les variations leur sont permises. L'autre biologie qu'ils explorent pose crûment la question du naturel et de l'artificiel. La xénobiologie expose les premiers résultats d'une recherche qui dévoile des formes de vie radicalement nouvelles, dont l'évolution est absolument imprévisible. Cette rencontre aux origines de la vie remet en question notre conception du vivant : et si nous n'étions qu'une forme de vie parmi beaucoup d'autres ? Voilà qui jetterait les bases d'une surprenante « xénophilosophie »... Quand un astrophysicien rencontre une spécialiste de la biologie de synthèse, ils se racontent les origines de l'Univers et de la vie. La « xénobiologie » est l'étude, toute récente, des formes de vie créées par la biologie de synthèse. Car des molécules étranges sortent aujourd'hui des laboratoires – ADN artificiels, acides aminés transmutés – dont émergeront peut-être des créatures inédites, comme cela s'est produit il y a 3 milliards d'années sur notre planète. Les scientifiques rejouent désormais le scénario de l'histoire de la vie, et toutes les variations leur sont permises. L'autre biologie qu'ils explorent pose crûment la question du naturel et de l'artificiel. La xénobiologie expose les premiers résultats d'une recherche qui dévoile des formes de vie radicalement nouvelles, dont l'évolution est absolument imprévisible. Cette rencontre aux origines de la vie remet en question notre conception du vivant : et si nous n'étions qu'une forme de vie parmi beaucoup d'autres ? Voilà qui jetterait les bases d'une surprenante « xénophilosophie »... http://mshsud.tv/spip.php?article820 Wed, 07 Mar 2018 20:00:00 +0100 C'est grave Dr Darwin ? : l'évolution, les microbes et nous <p>Samuel</p> Alizon <p>Samuel</p> Alizon Comment de nouvelles maladies infectieuses apparaissent-elles et évoluent-elles ? Pourquoi certains antibiotiques cessent-ils d'être efficaces ? Les changements des modes de vie et les politiques de santé publique affectent-ils l'évolution des agents pathogènes ? Et dans quelle mesure l'espèce humaine est-elle façonnée par ses maladies ? La médecine évolutionniste permet d'éclairer ces questions. De fait, les micro-organismes offrent l'un des exemples les plus remarquables d'évolution rapide. Le virus du sida, survenu voici environ un siècle, a connu cinq fois plus de générations que l'homme moderne depuis son apparition il y a cent mille ans. La lutte est donc déséquilibrée, d'autant que nous sommes des milliards mais que les microbes sont des milliards de milliards. Les années 1980 ont sonné le glas de l'optimisme sanitaire avec la pandémie de sida et la généralisation des résistances aux antibiotiques. Depuis ne cessent d'émerger des maladies infectieuses nouvelles (SRAS, grippe aviaire, ebola...) ou anciennes mais maintenant résistantes (tuberculose). En comprenant leur origine, on peut espérer les maîtriser et imaginer des traitements originaux. Mais la théorie de l'évolution parviendra-t-elle à influencer la pensée médicale ? Comment de nouvelles maladies infectieuses apparaissent-elles et évoluent-elles ? Pourquoi certains antibiotiques cessent-ils d'être efficaces ? Les changements des modes de vie et les politiques de santé publique affectent-ils l'évolution des agents pathogènes ? Et dans quelle mesure l'espèce humaine est-elle façonnée par ses maladies ? La médecine évolutionniste permet d'éclairer ces questions. De fait, les micro-organismes offrent l'un des exemples les plus remarquables d'évolution rapide. Le virus du sida, survenu voici environ un siècle, a connu cinq fois plus de générations que l'homme moderne depuis son apparition il y a cent mille ans. La lutte est donc déséquilibrée, d'autant que nous sommes des milliards mais que les microbes sont des milliards de milliards. Les années 1980 ont sonné le glas de l'optimisme sanitaire avec la pandémie de sida et la généralisation des résistances aux antibiotiques. Depuis ne cessent d'émerger des maladies infectieuses nouvelles (SRAS, grippe aviaire, ebola...) ou anciennes mais maintenant résistantes (tuberculose). En comprenant leur origine, on peut espérer les maîtriser et imaginer des traitements originaux. Mais la théorie de l'évolution parviendra-t-elle à influencer la pensée médicale ? http://mshsud.tv/spip.php?article791 Wed, 14 Feb 2018 20:00:00 +0100 La méduse qui fait de l'œil : et autres merveilles de l'évolution <p>Jean</p> Deutsch <p>Jean</p> Deutsch Jean Deutsch propose de revenir sur les merveilles de l'évolution biologique, dont il est l'un des spécialistes réputés, par l'angle original de la vision. L'incroyable inventivité de la nature est illustrée par la variété des yeux dont sont dotés des animaux aussi différents que les méduses, les caméléons, la mouche, la coquille Saint-Jacques, le poulpe et bien d'autres. Darwin lui-même s'étonnait que le simple mécanisme de l'évolution ait pu conduire à des dispositifs de vision aussi différents et aussi complexes. Mais les connaissances biologiques les plus récentes éclairent l'apparition de tant de solutions au même problème : comment voir ? Cette synthèse sur une question capitale de la théorie de l'évolution est sans équivalent et répond aux attentes des lecteurs intéressés par les subtils aspects conceptuels de cette théorie, comme à ceux que ravissent les curiosités du monde vivant. Jean Deutsch propose de revenir sur les merveilles de l'évolution biologique, dont il est l'un des spécialistes réputés, par l'angle original de la vision. L'incroyable inventivité de la nature est illustrée par la variété des yeux dont sont dotés des animaux aussi différents que les méduses, les caméléons, la mouche, la coquille Saint-Jacques, le poulpe et bien d'autres. Darwin lui-même s'étonnait que le simple mécanisme de l'évolution ait pu conduire à des dispositifs de vision aussi différents et aussi complexes. Mais les connaissances biologiques les plus récentes éclairent l'apparition de tant de solutions au même problème : comment voir ? Cette synthèse sur une question capitale de la théorie de l'évolution est sans équivalent et répond aux attentes des lecteurs intéressés par les subtils aspects conceptuels de cette théorie, comme à ceux que ravissent les curiosités du monde vivant. http://mshsud.tv/spip.php?article771 Wed, 07 Feb 2018 20:00:00 +0100 Le mythe de la singularité : faut-il craindre l'intelligence artificielle ? <p>Jean-Gabriel</p> Ganascia <p>Jean-Gabriel</p> Ganascia L'intelligence artificielle va-t-elle bientôt dépasser celle des humains ? Ce moment critique, baptisé « Singularité technologique », fait partie des nouveaux buzzwords de la futurologie contemporaine et son imminence est proclamée à grand renfort d'annonces mirobolantes par des technogourous comme Ray Kurzweil (chef de projet chez Google !) ou Nick Bostrom (de la vénérable université d'Oxford). Certains scientifiques et entrepreneurs, non des moindres, tels Stephen Hawking ou Bill Gates, partagent ces perspectives et s'en inquiètent. Menace sur l'humanité et/ou promesse d'une transhumanité, ce nouveau millénarisme est appelé à se développer. Nos machines vont-elles devenir plus intelligentes et plus puissantes que nous ? Notre avenir est-il celui d'une cybersociété où l'humanité serait marginalisée ? Ou accéderons-nous à une forme d'immortalité en téléchargeant nos esprits sur les ordinateurs de demain ? L'intelligence artificielle va-t-elle bientôt dépasser celle des humains ? Ce moment critique, baptisé « Singularité technologique », fait partie des nouveaux buzzwords de la futurologie contemporaine et son imminence est proclamée à grand renfort d'annonces mirobolantes par des technogourous comme Ray Kurzweil (chef de projet chez Google !) ou Nick Bostrom (de la vénérable université d'Oxford). Certains scientifiques et entrepreneurs, non des moindres, tels Stephen Hawking ou Bill Gates, partagent ces perspectives et s'en inquiètent. Menace sur l'humanité et/ou promesse d'une transhumanité, ce nouveau millénarisme est appelé à se développer. Nos machines vont-elles devenir plus intelligentes et plus puissantes que nous ? Notre avenir est-il celui d'une cybersociété où l'humanité serait marginalisée ? Ou accéderons-nous à une forme d'immortalité en téléchargeant nos esprits sur les ordinateurs de demain ? http://mshsud.tv/spip.php?article770 Wed, 31 Jan 2018 20:00:00 +0100 Sunnites et Chiites : histoire politique d'une discorde <p>Laurence</p> Louër <p>Laurence</p> Louër Lorsque l'on évoque les relations entre les sunnites et les chiites, on les caractérise volontiers comme une guerre sans fin qui durerait depuis plus d'un millénaire. Elle aurait pour fondement des haines ancestrales liées à des divergences à propos de la succession du prophète Mahomet. Or, au cours de l'histoire, ces controverses ont été activées ou désactivées en fonction du contexte politique, notamment quand le sunnisme et le chiisme ont servi d'idéologies de légitimation à des États rivaux. Aujourd'hui, la rivalité entre l'Arabie saoudite et l'Iran s'est substituée au conflit entre les Ottomans et les Safavides au XVIe siècle. Elle internationalise et lie entre eux des conflits locaux qui étaient indépendants, introduit des enjeux religieux dans des luttes politiques, rigidifie des identités confessionnelles fluides. Pour comprendre ces dynamiques, cette conférence propose à la fois une histoire globale des relations entre sunnites et chiites et une étude historique et sociologique de quelques situations nationales, du Liban à l'Iraq en passant par le Yémen et le Pakistan. Lorsque l'on évoque les relations entre les sunnites et les chiites, on les caractérise volontiers comme une guerre sans fin qui durerait depuis plus d'un millénaire. Elle aurait pour fondement des haines ancestrales liées à des divergences à propos de la succession du prophète Mahomet. Or, au cours de l'histoire, ces controverses ont été activées ou désactivées en fonction du contexte politique, notamment quand le sunnisme et le chiisme ont servi d'idéologies de légitimation à des États rivaux. Aujourd'hui, la rivalité entre l'Arabie saoudite et l'Iran s'est substituée au conflit entre les Ottomans et les Safavides au XVIe siècle. Elle internationalise et lie entre eux des conflits locaux qui étaient indépendants, introduit des enjeux religieux dans des luttes politiques, rigidifie des identités confessionnelles fluides. Pour comprendre ces dynamiques, cette conférence propose à la fois une histoire globale des relations entre sunnites et chiites et une étude historique et sociologique de quelques situations nationales, du Liban à l'Iraq en passant par le Yémen et le Pakistan. http://mshsud.tv/spip.php?article751 Wed, 10 Jan 2018 20:00:00 +0100 Star Wars, un récit devenu légende : conflits, passions et trahisons : la saga décryptée <p>Nicolas</p> Allard <p>Nicolas</p> Allard Star Wars n'est pas simplement un succès planétaire aux centaines de millions de spectateurs. Ses films et son univers sont au cinéma ce que la Comédie humaine et l'Iliade sont à la littérature : un récit complexe et passionnant où se mêlent actions, passions et intrigues, riche d'ellipses, hyperboles, distorsions temporelles et autres ressorts narratifs. Cette conférence nous propose de découvrir ou de redécouvrir Star Wars et chacun de ses épisodes sous un angle inédit et original. De La Menace fantôme à Rogue One, elle s'attachera à identifier et à analyser les principaux procédés littéraires qui structurent le récit, font sa cohérence et sa force, forgent la psychologie de ses personnages et la nature de leurs liens. Savamment documentée, rédigée par un passionné, cette enquête vous révèle toute la richesse de cette oeuvre foisonnante, intemporelle et universelle. Star Wars n'est pas simplement un succès planétaire aux centaines de millions de spectateurs. Ses films et son univers sont au cinéma ce que la Comédie humaine et l'Iliade sont à la littérature : un récit complexe et passionnant où se mêlent actions, passions et intrigues, riche d'ellipses, hyperboles, distorsions temporelles et autres ressorts narratifs. Cette conférence nous propose de découvrir ou de redécouvrir Star Wars et chacun de ses épisodes sous un angle inédit et original. De La Menace fantôme à Rogue One, elle s'attachera à identifier et à analyser les principaux procédés littéraires qui structurent le récit, font sa cohérence et sa force, forgent la psychologie de ses personnages et la nature de leurs liens. Savamment documentée, rédigée par un passionné, cette enquête vous révèle toute la richesse de cette oeuvre foisonnante, intemporelle et universelle. http://mshsud.tv/spip.php?article749 Wed, 20 Dec 2017 20:00:00 +0100 Le marché halal ou l'invention d'une tradition <p>Florence</p> Bergeaud-Blackler <p>Florence</p> Bergeaud-Blackler Du simple rituel d'abattage au tourisme halal, en passant par les aliments, les médicaments et la mode, le marché halal s'étend sur tous les continents. La liberté d'interprétation des textes dont bénéficiaient les autorités religieuses traditionnelles a été peu à peu remplacée par un espace normatif où le fidèle n'aurait le choix que de chercher le halal et d'éviter ce qui ne l'est pas. Et la surveillance qui s'exerce sur les produits charia-compatibles par le biais d'intermédiaires mi-marchands mi-religieux s'applique désormais aussi aux conduites de leurs acheteurs. Qu'est-ce qui a rendu possible un tel élargissement du « système halal », faisant de tout fidèle musulman un consommateur, et de l'Umma une puissance économique ? Du coeur des abattoirs jusqu'aux comités normatifs où se décident nos politiques économiques, cette conférence raconte la rencontre improbable entre deux utopies de la fin du XXe siècle, le fondamentalisme islamique et le néolibéralisme. Montrant que la récente invention du marché halal n'aurait pas été possible si les intérêts marchands n'étaient pas passés avant la neutralité de l'État et la liberté religieuse, Florence Bergeaud-Blacker décrypte également les enjeux des controverses qui divisent la société française : l'abattage rituel et le bien-être animal, les repas halal dans les institutions publiques ou les entreprises, etc. Du simple rituel d'abattage au tourisme halal, en passant par les aliments, les médicaments et la mode, le marché halal s'étend sur tous les continents. La liberté d'interprétation des textes dont bénéficiaient les autorités religieuses traditionnelles a été peu à peu remplacée par un espace normatif où le fidèle n'aurait le choix que de chercher le halal et d'éviter ce qui ne l'est pas. Et la surveillance qui s'exerce sur les produits charia-compatibles par le biais d'intermédiaires mi-marchands mi-religieux s'applique désormais aussi aux conduites de leurs acheteurs. Qu'est-ce qui a rendu possible un tel élargissement du « système halal », faisant de tout fidèle musulman un consommateur, et de l'Umma une puissance économique ? Du coeur des abattoirs jusqu'aux comités normatifs où se décident nos politiques économiques, cette conférence raconte la rencontre improbable entre deux utopies de la fin du XXe siècle, le fondamentalisme islamique et le néolibéralisme. Montrant que la récente invention du marché halal n'aurait pas été possible si les intérêts marchands n'étaient pas passés avant la neutralité de l'État et la liberté religieuse, Florence Bergeaud-Blacker décrypte également les enjeux des controverses qui divisent la société française : l'abattage rituel et le bien-être animal, les repas halal dans les institutions publiques ou les entreprises, etc. http://mshsud.tv/spip.php?article748 Wed, 13 Dec 2017 20:00:00 +0100 Où en sommes-nous ? une esquisse de l'histoire humaine <p>Emmanuel</p> Todd <p>Emmanuel</p> Todd De l'émergence d'homo sapiens à nos jours, cette brève histoire de l'humanité est délibérément tournée vers l'intelligence du monde tel qu'il se recompose sous nos yeux. Or, c'est dans les profondeurs les moins conscientes de la vie sociale, celles auxquelles Emmanuel Todd a consacré sa vie de chercheur, que gît l'explication de ce qui nous apparaît aujourd'hui comme le grand désordre du monde. Il s'agit ainsi de saisir la dynamique de longue durée des systèmes familiaux, l'articulation de ces systèmes avec la religion et l'idéologie, d'explorer les ruptures induites par le progrès éducatif si l'on veut comprendre l'effet de divergence qui affecte les nations avancées : le paradoxe d'un homo americanus simultanément innovateur et archaïque, le phénomène Trump, le manque de réalisme des volontés de puissance allemande et chinoise, l'efficacité russe, la renonciation japonaise, les récentes métamorphoses de l'Europe et le Brexit. Cette revisitation magistrale de l'histoire de l'humanité nous permet finalement d'apercevoir en toute lucidité ce qui nous attend demain. De l'émergence d'homo sapiens à nos jours, cette brève histoire de l'humanité est délibérément tournée vers l'intelligence du monde tel qu'il se recompose sous nos yeux. Or, c'est dans les profondeurs les moins conscientes de la vie sociale, celles auxquelles Emmanuel Todd a consacré sa vie de chercheur, que gît l'explication de ce qui nous apparaît aujourd'hui comme le grand désordre du monde. Il s'agit ainsi de saisir la dynamique de longue durée des systèmes familiaux, l'articulation de ces systèmes avec la religion et l'idéologie, d'explorer les ruptures induites par le progrès éducatif si l'on veut comprendre l'effet de divergence qui affecte les nations avancées : le paradoxe d'un homo americanus simultanément innovateur et archaïque, le phénomène Trump, le manque de réalisme des volontés de puissance allemande et chinoise, l'efficacité russe, la renonciation japonaise, les récentes métamorphoses de l'Europe et le Brexit. Cette revisitation magistrale de l'histoire de l'humanité nous permet finalement d'apercevoir en toute lucidité ce qui nous attend demain. http://mshsud.tv/spip.php?article741 Wed, 06 Dec 2017 20:00:00 +0100 Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations <p>Marc-André</p> Selosse <p>Marc-André</p> Selosse Nous savons aujourd'hui que les microbes ne doivent plus seulement être associés aux maladies ou à la décomposition. Au contraire, ils jouent un rôle en tous points essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d'interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc...jamais seuls. Détaillant d'abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu'ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens – le microbiote humain – et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l'évolution de la vie, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont forgé les civilisations. Nous savons aujourd'hui que les microbes ne doivent plus seulement être associés aux maladies ou à la décomposition. Au contraire, ils jouent un rôle en tous points essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d'interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc...jamais seuls. Détaillant d'abord de nombreuses symbioses qui associent microbes et plantes, Marc-André Selosse explore les propriétés nouvelles qui en émergent et modifient le fonctionnement de chaque partenaire. Il décrypte les extraordinaires adaptations symbiotiques des animaux, qu'ils soient terrestres ou sous-marins. Il décrit nos propres compagnons microbiens – le microbiote humain – et leurs contributions, omniprésentes et parfois inattendues. Enfin, il démontre le rôle des symbioses microbiennes au niveau des écosystèmes, de l'évolution de la vie, et des pratiques culturelles et alimentaires qui ont forgé les civilisations. http://mshsud.tv/spip.php?article742 Wed, 29 Nov 2017 20:00:00 +0100 Où atterrir ? : Comment s'orienter en politique <p>Bruno</p> Latour <p>Bruno</p> Latour Cette conférence voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien &mdash; et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement : d'abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique. L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national. Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux. Cette conférence voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien &mdash; et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement : d'abord la « dérégulation » qui va donner au mot de « globalisation » un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique. L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national. Pour contrer une telle politique, il va falloir atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les affects de la vie publique mais aussi ses enjeux. http://mshsud.tv/spip.php?article739 Wed, 22 Nov 2017 20:00:00 +0100 Arbres filles et garçons fleurs Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs <p>Françoise</p> Frontisi-Ducroux <p>Françoise</p> Frontisi-Ducroux Pourquoi, dans les mythes grecs de métamorphoses végétales, les jeunes filles sont-elles transformées en arbres, tandis que les garçons donnent en mourant naissance à de jolies fleurs ? Cette question est d'abord déterminée par la langue française, qui veut que la fleur soit un nom féminin et que l'arbre soit masculin. L'étonnement est peut-être moins grand pour un Italien habitué à penser les fleurs au masculin. Et que dire des langues qui prudemment font appel au neutre ? Mais chacun pense dans sa langue. De fait nos noms de fleur font alterner les deux genres. À côté de la rose, paradigme du féminin depuis rosa – rosam – rosae... combien de lis, de narcisses et de glaïeuls dans nos jardins ? De roses d'ailleurs (neutre en grec : rhodon) il ne sera pas question, non plus que de marguerites, ni en tant que fleurs ni en tant que filles. Et, si l'on creuse un peu, les « jeunes filles en fleurs » se révèlent plus garçonnières encore que dans le récit proustien. Françoise Frontisi-Ducroux raconte des mythes anciens où des jeunes gens, filles et garçons, exposés au désir amoureux des dieux, se transforment en plantes. Syrinx poursuivie par le dieu Pan devient une brassée de roseaux. Hyacinthe, malencontreusement frappé par le disque de son amant, Apollon, meurt en faisant naître une jacinthe. Daphné, Myrrha, Narcisse, Adonis et quelques autres connaissent un sort semblable où le tragique s'associe à l'érotique... Pourquoi, dans les mythes grecs de métamorphoses végétales, les jeunes filles sont-elles transformées en arbres, tandis que les garçons donnent en mourant naissance à de jolies fleurs ? Cette question est d'abord déterminée par la langue française, qui veut que la fleur soit un nom féminin et que l'arbre soit masculin. L'étonnement est peut-être moins grand pour un Italien habitué à penser les fleurs au masculin. Et que dire des langues qui prudemment font appel au neutre ? Mais chacun pense dans sa langue. De fait nos noms de fleur font alterner les deux genres. À côté de la rose, paradigme du féminin depuis rosa – rosam – rosae... combien de lis, de narcisses et de glaïeuls dans nos jardins ? De roses d'ailleurs (neutre en grec : rhodon) il ne sera pas question, non plus que de marguerites, ni en tant que fleurs ni en tant que filles. Et, si l'on creuse un peu, les « jeunes filles en fleurs » se révèlent plus garçonnières encore que dans le récit proustien. Françoise Frontisi-Ducroux raconte des mythes anciens où des jeunes gens, filles et garçons, exposés au désir amoureux des dieux, se transforment en plantes. Syrinx poursuivie par le dieu Pan devient une brassée de roseaux. Hyacinthe, malencontreusement frappé par le disque de son amant, Apollon, meurt en faisant naître une jacinthe. Daphné, Myrrha, Narcisse, Adonis et quelques autres connaissent un sort semblable où le tragique s'associe à l'érotique... http://mshsud.tv/spip.php?article737 Wed, 15 Nov 2017 20:00:00 +0100 Le sourire de Prométhée : L'homme et la nature au Moyen Âge <p>Fabrice</p> Mouthon <p>Fabrice</p> Mouthon Pour qui s'intéresse à la société médiévale, la question écologique peut sembler secondaire au regard du rapport à Dieu, des formes de domination ou de l'organisation politique. Les sciences paléo-environnementales, l'archéologie moderne et les textes de l'époque suggèrent pourtant que leurs rapports à la nature sont bien l'une des grandes questions que se posent les hommes du Moyen Âge. Remettant en cause le cliché d'une période de stagnation, livrée aux calamités naturelles, Fabrice Mouthon montre que ces rapports n'ont cessé d'évoluer. L'évêque mérovingien, le serf d'un domaine carolingien, l'hôte d'un village neuf du XIIe siècle, le théologien du XIIIe siècle, ou le maître de forge du XVe siècle ne partagent ni la même vision ni les mêmes attentes vis-à-vis de la nature. Après l'an mille cependant, la croissance démographique, l'amélioration des moyens techniques et la redécouverte de la science grecque ont peu à peu fait basculer l'Occident dans un nouveau paradigme. La maîtrise du monde sensible devient un but collectif légitime et réalisable. La nature est alors fortement mise à contribution. Ainsi, si l'ouvrage couvre le millénaire médiéval, le coeur de l'enquête reste le grand développement des XIe, XIIe et XIIIe siècles, moment crucial de l'« invention de la nature », gardienne de la Création et de ses lois, et d'une prise de conscience écologique qui n'en a pas encore le nom. Pour qui s'intéresse à la société médiévale, la question écologique peut sembler secondaire au regard du rapport à Dieu, des formes de domination ou de l'organisation politique. Les sciences paléo-environnementales, l'archéologie moderne et les textes de l'époque suggèrent pourtant que leurs rapports à la nature sont bien l'une des grandes questions que se posent les hommes du Moyen Âge. Remettant en cause le cliché d'une période de stagnation, livrée aux calamités naturelles, Fabrice Mouthon montre que ces rapports n'ont cessé d'évoluer. L'évêque mérovingien, le serf d'un domaine carolingien, l'hôte d'un village neuf du XIIe siècle, le théologien du XIIIe siècle, ou le maître de forge du XVe siècle ne partagent ni la même vision ni les mêmes attentes vis-à-vis de la nature. Après l'an mille cependant, la croissance démographique, l'amélioration des moyens techniques et la redécouverte de la science grecque ont peu à peu fait basculer l'Occident dans un nouveau paradigme. La maîtrise du monde sensible devient un but collectif légitime et réalisable. La nature est alors fortement mise à contribution. Ainsi, si l'ouvrage couvre le millénaire médiéval, le coeur de l'enquête reste le grand développement des XIe, XIIe et XIIIe siècles, moment crucial de l'« invention de la nature », gardienne de la Création et de ses lois, et d'une prise de conscience écologique qui n'en a pas encore le nom. http://mshsud.tv/spip.php?article731 Wed, 18 Oct 2017 20:00:00 +0200 Les Français et la nature Pourquoi si peu d'amour ? <p>Valérie</p> Chansigaud <p>Valérie</p> Chansigaud Les Français sont indifférents à la nature et à sa protection. Ce lieu commun est sans cesse réaffirmé depuis plus d'un siècle. Il est facile de répertorier de très nombreuses différences entre l'attitude des Français vis-à-vis de la nature et celle de leurs voisins germanophones et anglophones, dès lors que l'on parcourt l'histoire de la littérature, des sciences naturelles, de l'édition consacrée à la nature, de la chasse ou encore de la protection de l'environnement. La particularité française à l'égard de la nature doit être interrogée avec soin afin d'éviter les contresens. Cette conférence adopte une démarche originale en contextualisant l'histoire du rapport à la nature tel que vécu en France et en explorant le rôle joué par l'urbanisation, la ruralité, la géographie de l'industrialisation, la place des élites, la valorisation de la culture scientifique, l'exigence démocratique et la représentation des citoyens, etc. Cette approche permet alors de mieux comprendre la complexité de ces phénomènes et d'éviter les conclusions hâtives : la nature est certainement plus aimée et plus étudiée au Royaume-Uni ou en Allemagne qu'en France ; or, force est de constater que la biodiversité et les écosystèmes de ces pays ne sont pas en meilleur état que dans le nôtre. Les Français sont indifférents à la nature et à sa protection. Ce lieu commun est sans cesse réaffirmé depuis plus d'un siècle. Il est facile de répertorier de très nombreuses différences entre l'attitude des Français vis-à-vis de la nature et celle de leurs voisins germanophones et anglophones, dès lors que l'on parcourt l'histoire de la littérature, des sciences naturelles, de l'édition consacrée à la nature, de la chasse ou encore de la protection de l'environnement. La particularité française à l'égard de la nature doit être interrogée avec soin afin d'éviter les contresens. Cette conférence adopte une démarche originale en contextualisant l'histoire du rapport à la nature tel que vécu en France et en explorant le rôle joué par l'urbanisation, la ruralité, la géographie de l'industrialisation, la place des élites, la valorisation de la culture scientifique, l'exigence démocratique et la représentation des citoyens, etc. Cette approche permet alors de mieux comprendre la complexité de ces phénomènes et d'éviter les conclusions hâtives : la nature est certainement plus aimée et plus étudiée au Royaume-Uni ou en Allemagne qu'en France ; or, force est de constater que la biodiversité et les écosystèmes de ces pays ne sont pas en meilleur état que dans le nôtre. http://mshsud.tv/spip.php?article729 Wed, 11 Oct 2017 20:00:00 +0200 À la recherche du sauvage idéal <p>François-Xavier</p> Fauvelle-Aymar <p>François-Xavier</p> Fauvelle-Aymar François-Xavier Fauvelle nous entraîne au bout de l'Afrique sur les traces d'un peuple oublié, ce peuple dont est issue la tristement célèbre « Vénus hottentote ». Au temps des Grandes Découvertes, son étrangeté radicale effraie ou émerveille. Voici donc le pire ou le meilleur des sauvages, en tout cas le plus exemplaire : il est ce que nous – Européens, modernes, conquérants – ne pouvons plus être. Inadaptés au monde qui se construit à leurs dépens, ces femmes et ces hommes deviennent la caricature d'un peuple meurtri, bientôt retranché de la terre et de l'histoire. Bien avant leur disparition, les voici, en 1670, entourés de vaches et d'esprits, dans le campement où un chirurgien allemand, notre meilleur informateur, les a rencontrés. Ils ont un nom : les Khoekhoe. « Je ne sais pas s'il faut haïr les voyages et les explorateurs. Ils vous convient, quelquefois malgré eux, à un outre-passement auquel il faut consentir. Au bout de la piste, si vous y avez consenti, si nous y avons mis assez de désir et de ténacité, peut-être serons-nous tous, le narrateur à coup sûr, la lectrice, le lecteur peut-être, devenus sauvages. » François-Xavier Fauvelle nous entraîne au bout de l'Afrique sur les traces d'un peuple oublié, ce peuple dont est issue la tristement célèbre « Vénus hottentote ». Au temps des Grandes Découvertes, son étrangeté radicale effraie ou émerveille. Voici donc le pire ou le meilleur des sauvages, en tout cas le plus exemplaire : il est ce que nous – Européens, modernes, conquérants – ne pouvons plus être. Inadaptés au monde qui se construit à leurs dépens, ces femmes et ces hommes deviennent la caricature d'un peuple meurtri, bientôt retranché de la terre et de l'histoire. Bien avant leur disparition, les voici, en 1670, entourés de vaches et d'esprits, dans le campement où un chirurgien allemand, notre meilleur informateur, les a rencontrés. Ils ont un nom : les Khoekhoe. « Je ne sais pas s'il faut haïr les voyages et les explorateurs. Ils vous convient, quelquefois malgré eux, à un outre-passement auquel il faut consentir. Au bout de la piste, si vous y avez consenti, si nous y avons mis assez de désir et de ténacité, peut-être serons-nous tous, le narrateur à coup sûr, la lectrice, le lecteur peut-être, devenus sauvages. » http://mshsud.tv/spip.php?article728 Wed, 04 Oct 2017 20:00:00 +0200