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Prendre en charge les interactions Homme/Animal : Quel apport de l’approche par les Communs ?

Le contrôle des maladies animales, la gestion de la faune sauvage ou l’élevage illustrent diverses formes de relation entre l’Homme et l’Animal. Qu’il soit sauvage ou domestique, l’animal est tour à tour perçu comme une ressource, un emblème culturel ou patrimonial, une composante fonctionnelle des écosystèmes, mais aussi comme une source de risque ou une contrainte pour les activités humaines.
Au cours des dernières décennies, la définition des enjeux qui naissent des relations entre l’Homme et l’Animal et les dispositifs de politiques publiques mis en place pour les prendre en charge, ont subi de profondes mutations. On peut faire deux lectures principales de ces évolutions : l’une en termes de risques et l’autre en termes de modes d’appropriation. En effet, ces politiques sont passées d’une gestion préventive de risques avérés à une gouvernance de menaces incertaines, complexes, et imprévisibles. Parallèlement, elles ont aussi privilégié le passage de la gestion de biens privés ou communs à la gouvernance de biens publics mondiaux.
Dans les trois domaines cités en exemple (santé, élevage, biodiversité) on est ainsi passé d’une somme de prérogatives attribuées aux Etats (protection de la santé publique, de l’économie ou du patrimoine national) à une responsabilité collective vis-à-vis de menaces globales (la circulation mondiale de pathogènes, les changements environnementaux, la disparition d’espèces menacées).
Ces évolutions autour des relations entre l’Homme et l’Animal se sont accompagnées de nouveaux modes d’action collective. Elles posent aujourd’hui le défi de la mobilisation et de la coordination d’une communauté d’acteurs de plus en plus vaste (du local au global), aux intérêts et logiques d’actions contrastés (logiques institutionnelles, sectorielles, territoriales).
Dans un contexte où le concept de Communs constitue le coeur de nombreuses réflexions actuelles, des approches se développent pour d’une part dénoncer les limites des modes d’appropriation exclusifs fondés sur la propriété privée, et d’autre part pour investir des voies alternatives fondées sur la solidarité et la capacité adaptative de collectifs amenés à définir et à adopter des règles propres d’accès à des ressources partagées.
Ainsi, après un premier séminaire explorant la notion de travail animal, ce deuxième séminaire se propose d’aborder les relations entre l’Homme et l’Animal sous l’angle des Communs : y a-t-il ici un potentiel pour penser des formes de gouvernance mieux adaptées aux défis environnementaux auxquels l’humanité se trouve aujourd’hui confrontée ?
Les contributions lors de ce séminaire NSS - Dialogue permettront notamment d’explorer :
1. Comment la définition des enjeux et les modes de régulation des relations Homme-Animal ont évolué, en particulier en termes de modes d’appropriation et de rationalisation des risques qui leurs sont associés ?
2. Quelles sont les limites des dispositifs d’action publique qui les prennent en charge ?
3. Quelles sont les perspectives offertes par une approche par les Communs, notamment dans sa capacité à instituer de nouveaux collectifs ?


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